17.07.2006
Qu'est ce que le libéralisme?
Sait-on vraiment ce qu’est le libéralisme? Voilà une question qui mérite d’être posée, en ces temps où en France être libéral est presque une infamie. Nos médias prétendent souvent que le monde autour de nous est devenu libéral, voire “ultra-libéral”, mais qu’est ce donc que le libéralisme ? Est-ce une idéologie faite sur mesure pour les riches et les puissants ? C’est à ces questions que je vais tenter de répondre le plus clairement possible.
Je doute que l'on puisse y apporter une réponse unique, j'y apporterai donc ma modeste contribution qui n'engage que moi. Elle est fondée sur des extraits du wikiberal et sur mes dernières lectures.
Pour faire court, le libéralisme est un courant de pensée, ou un ensemble de courants de pensée visant à faire reconnaître la primauté de l'individu.
On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l’on retrouve dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen :
• l’égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l’oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
On pourra alors parler de libéralisme moral: C'est l'individu qui est le plus à même de choisir la voie de son bonheur. Je ne vais pas lui imposer mon opinion et chercher à faire son bonheur contre son gré. Le libéral sera donc par exemple contre une religion d'Etat et pronera la plus grande liberté de choix possible pour chacun dans le respect des libertés des autres membres de la société..
Politiquement le libéralisme se retrouve dans la séparation des pouvoirs chères à Montesquieu: Diviser le pouvoir pour éviter qu'un individu ou un groupes d'individus puisse exercer son arbitraire sur la société toute entière. Ainsi la nomination par le président polonais de son frère au poste de premier ministre inquiète les libéraux de tour bord qui voit les pouvoirs se concentrer en peu de main.
En dernier le libéralisme est économique. Cela consiste à reconnaître que chaque individu a le droit de profiter des fruits de son travail. "L'homme qui produit alors que d'autres disposent de ce qu'il produit est un esclave. Celui qui produit alors que l'Etat lui en prend la moitié, est un demi esclave." (Jacques de Guénin)
Alors oui le libéralisme est un humanisme car il part de l'homme et le place au coeur de toutes choses à la différence des "constructivismes" qui consistent à concevoir une société humaine comme s'il s'agissait d'une mécanique que l'on peut fabriquer à partir d'un plan. Cette ambition de modifier l'état de la société en agissant par la contrainte, en imposant à tous les individus des objectifs qui seraient ceux de « la société » (la croissance, la santé, la sécurité sociale etc.) relève finalement d'une prétention à l'omniscience. Le libéralisme au contraire dénonce l'absurdité de vouloir faire rentrer les comportements humains dans des équations mathématiques et défend la liberté individuelle face aux plans. Murray Rothbard (photo) l'illustre dans Economistes et charlatans.
Le libéralisme est enfin une éthique de la responsabilité. Un individu libre de ses choix en est également responsable. Responsabilité qui est exigeante et peut effrayer. C'est ce qui fait dire à George Bernard Shaw (qui n'était pas un libéral): "Liberté implique responsabilité. C'est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent"
Lectures pour mieux comprendre le libéralisme:
Libéralisme de Pascal Salin
Les libéraux de Pierre Manent
Cet article est publié sur agoravox
14:50 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : perso, politique, libéralisme, mondialisation
16.07.2006
Je ne veux pas d'une presse d'Etat
La réflexion qui va suivre se base sur un article découvert dans l'Humanité et que vous pouvez retrouver ici: lien
Pour résumer brièvement, Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité se plaint des mauvaises ventes de son journal.
L'Humanité aux ventes déclinantes a même du licencier, constat camouflé sous un laconique: "nous avons considérablement réduit les dépenses de promotion, la masse salariale, les frais de fonctionnement".
Bien évidemment pour remédier à la mauvaise gestions et aux mauvaises ventes d'un journal qui n'intéresse plus personne, M. le Hyaric demande.. des subventions. Se revendiquant journal d'opinion, le journal exige des aides immédiates ..: "Cela nécessite vraisemblablement d’aller vers une répartition sélective des aides publiques pour aider prioritairement la presse d’information générale et d’opinion."
Alors il serait peut être bon de rappeller quelques vérités importantes à M. le Hyaric. Un journal subventionné c'est un journal qui perd sa liberté. Un véritable journal d'opinion refuse toute subvention et ne va pas les quémander. La liberté d'expression ne se monnaye pas et en allant ainsi se vendre, le directeur de l'Humanité déshonore les journalistes qui défendent des idées. Gageons que cela ne dérangera pas un journal habitué à être journal d'un Etat: l'URSS.
M. le Hyaric le reconnaît lui même à demi mots, si le journal va mal c'est surtout qu'il ne se vend pas parce qu'il n'intéresse plus grand monde. La remise en compte doit venir du journal lui même, pas d'un Etat poule qui viendrait payer les pots cassés de sa mauvaise gestion. Faîtes preuve d'imagination monsieur et si votre journal ne marche toujours pas, tirez en les conclusions. Vous touchez déjà d'importantes subventions, ayez la décence d'assumer.
Voici en comparaison ci dessous la une du premier numéro du journal: (Extrait, intégralité disponible ici )
"Mais tout cela ne serait rien et toute notre tentative serait vaine ou même dangereuse si l’entière indépendance du journal n’était point assurée et s’il pouvait être livré, par des difficultés financières, à des influences occultes. L’indépendance du journal est entière. Les capitaux, dès maintenant souscrits, sont suffisants pour nous permettre d’attendre le développement espéré du journal. Et ils ont été souscrits sans condition aucune. Aucun groupe d’intérêts ne peut directement ou indirectement peser sur la politique de l’Humanité."
00:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, perso, presse, pcf, royal, sarkozy
15.07.2006
José Bové libertarien ?
![]()
La semaine dernière l'Express nous gratifiait d'un reportage sur José Bové, "l'Astérix libertaire" et "antilibéral" selon les termes même du journaliste, François Koch. Spécialiste de la franc maçonnerie, ce journaliste n'a pas l'air d'être pour autant un spécialiste de la langue française pour associer ces termes. Appeller libertarien un individu qui rejette le droit de propriété et enfreint toutes les lois possibles au nom de la "désobéissance civile".
Notre ami José ferait bien de relire dans la déclaration des droits de l'homme ..
Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.
Le jour où sa résistance à l'oppression (l'opression des OGM???), i.e. la destruction de plants n'ira pas à l'encontre de la propriété d'autrui, les poules auront probablement des dents (génétiquement modifiées?) ..
Revenons en à Koch: Ignorance crasse ou volonté manifeste de désinformation sur ce qu'est le libéralisme ou le libertarianisme, je me garderai de trancher par courtoisie. Je lui conseillerai juste une petite visite sur le wikiberal. Il apprendra peut être ce qu'est un libéral, ce qu'est un libertarien.
Un petit épisode sans importance mais malheureusement révélateur de l'incompréhension que nous libéraux rencontrons dans une société où refuser l'intervention permanente de l'Etat passe pour de l'ultralibéralisme, synonyme pour beaucoup d'égoisme forcené, de loi de la jungle, etc..
Un formidable travail reste donc à accomplir pour ne pas laisser les idées étatistes s'imposer grâce à l'ignorance populaire. Travail qui nous incombe à tous et qui ne doit pas se cantonner à la sphère internet. Travail qui passe par Alternative Libérale? Probablement à mon sens vue l'extraordinaire plateforme médiatique que cela ouvre à nos idées. Mais surtout, par nos débats, discussions, échanges avec nos concitoyens qui sont avides de liberté.
18:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : perso, antis
11.07.2006
Romano Prodi lutte contre l'immobilisme, Dutreil lui lutte pour..
Préliminaire: La réflexion est fondée sur un article du journal Le Monde.
Aujourd'hui nous partons en Italie. Au pays des Vespa, les taxis ne sont plus rois: Le gouvernement italien prépare en effet une réforme des licences de taxi. Ces licences se vendent 120 à 140.000 euros dans les grandes villes, coût qui se répercute sur les tarifs, parmi les plus chers d’Europe, et la qualité du service: L’attente moyenne à Rome est de plus de 40 minutes. A Milan, il y a 1,6 taxis pour 1.000 habitants, 2,1 à Rome, contre 8,3 à Londres et 9,9 à Barcelone.
Une réforme envisagée en France, mais qui n’a jamais vu le jour. L’économiste Francis Kra-marz, ayant proposé en vain d’ouvrir en France l’accès à plusieurs professions réglemen-tées, dont celle des chauffeurs de taxis, tire son chapeau au chef du gouvernement italien, R. Prodi : « S’attaquer ainsi aux lobbies qui bloquent la situation et empêchent la création de richesses, c’est un vrai signal réformiste. »
En septembre 2004, N. Sarkozy, alors ministre des finances, et J. L. Borloo, ministre de l’emploi, adressent une lettre de mission aux économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz, chercheurs au Crest, laboratoire dépendant de l’Insee, pour « proposer des solutions concrè-tes permettant de réduire le chômage et le sous-emploi persistant en France ». Signal positif d'un réformisme qui va dans le bon sens.
Le rapport Cahuc-Kramarz, suggère « d’engager des négociations avec les organisations professionnelles pour permettre un accès équitable aux métiers et professions ». Evoquant « l’exemple des taxis », ils proposent de modifier la tarification et les règles d’entrée, suggérant de supprimer les contingentements des licences, ou d’en augmenter massivement le nombre.
Cette suggestion restera évidemment lettre morte, victime des corporatismes et des conservatismes.
Le ministre des PLE, Renaud Dutreil, confirme qu’un tel projet « n’est pas à l’étude », et préfère avancer d’autre arguments pour justifier l'immobilisme: « les effets dévasta-teurs de l’hyper-concurrence de ces vieilles recettes ultralibérales ». M. Kramarz ne croit pas que « le président ou le premier ministre soient convaincus des bienfaits de la concurrence », peu amène pour « ces énarques qui ont eux-mêmes bénéficié de rentes ». En d'autre termes, de privilèges que tout libéral doit combattre.
22:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, perso
07.07.2006
Liberté de travailler
Vendredi soir était rediffusé sur France 5 une émission de C dans l'air spéciale Usines Center.
Belle caricature des positions respectives des deux camps sur la question de la liberté de travailler le dimanche. Deux intervenants de chaque côté pour ce débat: Un petit patron chez Usines Center et Marc Touati, économiste des banques populaires d'un côté, un professeur de droit et un syndicaliste CFTC de l'autre.
Les deux intervenants pour l'ouverture qui se placent sur le terrain de la liberté et de la rationalité économique:
L'ouverture le dimanche, ça répond à un besoin des consommateurs. Quand tu travailles toute la semaine, tu es content de pouvoir faire tes courses le dimanche. Follement ultralibéral..
Ensuite, qu'en employant des gens, payés 200% en plus, on créait de l'emploi donc de la consommation et .. encore de la consommation. Cercle vertueux scandaleusement libéral.
En face, deux intervenants qui se basent sur le plan ... moral et de l'interdiction:
Consommer n'est pas un but dans la vie pour moi donc je l'interdis en empechant ceux qui veulent consommer le dimanche de le faire, quand bien même les salariés sont volontaires et payés davantage. Rien de bien surprenant de la part d'un syndicaliste me direz vous.. Mais ça l'est davantage de la part de ce prof de droit. Petit sourire au coin des lèves, l'air de dire "bande de bofs qui faites vos courses le dimanche".
Mais où sont les conservateurs.. Celui qui veut imposer sa moral au nom de "un autre monde est possible" ou celui qui laisse la liberté de choisir? Celui qui interdit à l'initiative personnelle de se déployer dans le commerce où celui qui laisse les meilleurs ou les plus travailleurs s'en sortir mieux..
Enfin, grâce à l'immobilisme, on licencie 100 personnes au nom d'éventuelles futurs potentiels suppressios d'emplois dans les petits commerces..
23:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : perso, antis
15.06.2006
Cyber budget
La dernière idée de notre ministre du budget, Jean-Francois Copé, pour réduire le déficit français: Un jeu en ligne à 100.000€ réalisé par la société Paraschool. C'est, a précisé M. Copé, "10% du coût de la production papier des documents officiels envoyés par le ministère aux institutions" chaque année. C'est surtout beaucoup pour un jeu en flash...
![]()
Dans son discours de présentation, M. Copé a essayé de préciser l'intérêt de ce jeu: "sensibiliser le joueur aux contraintes qui pèsent sur l’exercice budgétaire : le taux de croissance, les contraintes européennes, les événements politiques et économiques imprévus.". Autrement dit, montrer que c'est la faute aux autres si on est en déficit et avec une dette de 2.000 milliards. Mais que la situation est bonne malgré tout grâce à notre ministre.
Gros hic révélateur, baisser les impôts ou diminuer les charges sociales de 50%, ça on ne peut pas faire.. Par contre dépenser, aucun problème.. Français, vous avez dit français?
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, perso


