04.08.2006

Cannabis, la position libérale

medium_logo.6.gifpar Patrice VEZINE, Alternative Libérale Champagne Ardenne


Un débat semble légitimement s’ouvrir sur l’exacte amplitude que doit avoir le libéralisme « grand angle ».
La discussion cristallisée sur la légalisation contrôlée du cannabis est l’occasion d’en appeler à un positionnement théorique clair de notre parti.

Il est encore une fois parfaitement légitime qu’une opposition de valeurs, prenant sa source dans la diversité de nos parcours dans le passé, émerge à l’occasion de la reconstitution d’une famille libérale autour d’AL. Cela dit, l’adhésion au libéralisme a un sens qui doit à la fois signifier la compréhension de toute sa richesse et l’acceptation de toutes ses significations. Il ne s’agit pas de bouleverser, dans le domaine sociétal, tous les codes culturels hérités du passé et qui ont balisé nos vies, il s’agit plutôt de s’entendre sur ce que doit être la liberté et la responsabilité personnelle.

Pour reprendre l’exemple du cannabis, on peut imaginer un débat entre un libéral, un libertaire et un conservateur.
Le CONSERVATEUR a une propension à s’attacher à une morale qu’il juge bonne pour tous.
Le LIBERTAIRE se moque de la morale, place sa liberté au dessus de celle d’autrui et ne trouve aucun inconvénient à « collectiviser » sa fumée de pétard dans un lieu public.
Le LIBERAL applique une règle de droit qui protège sa liberté personnelle mais lui impose en contrepartie le respect de celle d’autrui.

Donc s’agissant de la consommation du cannabis, liberté doit être donnée aux adultes responsables d’en faire usage dans un lieu intime et privé sans incommoder ses voisins et sans en faire de la propagande ou du prosélytisme. J’ai bien écrit « adultes responsables » : l’alcool ne doit pas être vendu aux mineurs, son usage est interdit dans les établissements scolaires, il doit en être de même pour le cannabis.
Pour autant, vous êtes libres d’en consommer chez vous entre adultes. Vous voulez protéger vos enfants de cannabis ? C’est légitime mais c’est l’affaire de la responsabilité parentale : il faudrait aussi interdire totalement la vente d’alcool, de tabac, l’usage d’internet, la pratique parfois dangereuse du vélo, et s’abstenir de posséder une radio ou un poste de télévision. Et nous serions bien loin du libéralisme.

Liberté individuelle faisant émerger tous les champs de la responsabilité individuelle des adultes tout en gardant à l’esprit une véritable protection des mineurs et le respect des valeurs privées d’autrui : le libéralisme devrait mettre tout le monde d’accord.
Lorsqu’un gamin d’aujourd’hui peut se procurer en cachette au détour d’une rue un shit mélangé alimentant ainsi le commerce souterrain d’un dealer, le débat sur l’interdiction ou la légalisation est une hypocrisie. Et je recommande fortement la lecture du dernier ouvrage de Mathieu Laine sur « La Grande Nurserie » étatique.

Bien qu’éducateur et n’étant pas libertaire, conformément aux définitions que j’ai donné aux mots ci-dessus, je suis en libéral parfaitement favorable à la légalisation contrôlée du cannabis, sans être consommateur moi-même, sans en encourager la consommation.
Et il ne me viendrait pas à l’idée d’adhérer à un parti libéral en commençant à réclamer une interdiction.

Pour autant, je respecte toutes les convictions, tous les parcours : le conservatisme signifie le respect de notre héritage, l’idée libertaire met l’accent sur la liberté, le libéralisme organise ces deux idées harmonieusement autour de la Responsabilité Personnelle dictée par des règles de droit.
 
Ce texte engage son auteur, Patrice Vezine mais il n'est pas écrit pour le compte d'Alternative Libérale, le parti pris de la liberté.

01.08.2006

Hollande mis en examen?

medium_Hollande_francois.pngDans l'Express du 25 juillet 2006 "L'affaire qui gène Hollande"

Maitres Nicolas Lecoq-Vallon et Francis Terquem, qui représentent 3500 personnes parties civiles dans l'affaire de la Mutuelle retraite de la fonction publique (MRFP), n'y vont pas de main morte: ils viennent de réclamer à la juge Sylvia Legendre la mise en examen de François Hollande, premier secrétaire du PS, de Danielle Mitterrand, de Michel Le Ray, ancien assistant parlementaire de Lionel Jospin, et de Pierre-Yves Morin, un ex-cadre supérieur de la MRFP qui aurait perçu une indemnité de licenciement, manifestement exorbitante, de 5 243 031 francs. Ce dossier, instruit depuis 2002 et quasi bouclé, compte une dizaine de mis en examen, dont René Teulade, ex-président de la MRFP et ancien suppléant de Hollande. Mais Mes Lecoq-Vallon et Terquem estiment que la juge Legendre n'a pas assez poussé ses investigations.

Certes, elle a mis au jour des dérives et des copinages, comme ces appartements de 100 mètres carrés dans le VIIe arrondissement de Paris loués aux administrateurs pour 3000 francs par mois. Certes encore, elle a pointé des dépenses de cabaret sans grand rapport avec l'activité mutualiste: 10 050 francs au Reflet le 27 janvier 1999, 5400 francs au Petit Journal le 20 novembre 1999, etc. En revanche, les avocats s'interrogent sur le bail consenti par la mutuelle, au début des années 1990, à l'association Cause commune, présidée par Danielle Mitterrand et dont le trésorier était François Hollande. Installée dans le VIIIe arrondissement de Paris, l'association n'aurait réglé aucun loyer et serait à ce jour redevable de 23 000 euros. Interrogé comme témoin par la PJ le 24 avril dernier, Hollande a déclaré tout ignorer des conditions du bail.

Ce cadeau de la MRFP pourrait ne pas être une infraction pénale. A priori, plutôt une dette civile. En revanche, le cas de Michel Le Ray semble plus épineux. Salarié de la mutuelle de 1988 à 1994, il a été incapable d'expliquer en quoi consistait son activité...

Régimes spéciaux..

medium_logohaut.giftableau-comparatif-retraite.pdf

A votre avis, combien d'années plus tôt qu'un salarié du privé un salarié d'EDF partira-t-il en retraite? De combien la retraite des agents de la RATP est elle supérieure à celle du privé? Découvrez les réponses dans le document de Sauvegarde Retraites.

A cotisations égale, retraite égale! Pas de privilèges!

31.07.2006

La firme Sarkozy

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LEMONDE.FR

Lunettes de soleil, costumes Ralph Lauren, téléphone portable dernière génération. Le tutoiement est de règle, la décontraction apparente, l’engagement entier. Prière d’appeler le patron “Nicolas”, d’être rapide et précis. Si tout se passe comme prévu, on tapera dans la main du voisin, comme le font les sportifs après la victoire. Si les choses vont vraiment bien, la décompression aura lieu au Buddha Bar, un lounge bar à la mode, près des Champs-Elysées. Bienvenue dans l’équipe de Nicolas Sarkozy.

Un monde à part. Très masculin, plutôt jeune, capable de s’enthousiasmer pour un coup tactique ou le dernier tube du chanteur Calogero. Cette équipe-là est convaincue que l’action peut tout et qu’un peu de cynisme ne nuit pas aux convictions. A droite, ceux qui résistent à son emprise appellent cela “la firme”. Référence au best-seller de John Grisham décrivant une entreprise totalitaire dominant entièrement ses cadres.

“Nous recevons chaque jour des dizaines de candidatures de types qui veulent travailler pour Nicolas”, assure l’un de ces aventuriers de la politique. Mais pour en être, il faut être capable de sacrifier ses soirées et sa vie de famille au “patron”. Savoir dénouer des crises, maîtriser la communication, manoeuvrer les députés, observer l’adversaire (Jacques Chirac, Dominique de Villepin, les socialistes, c’est selon). Et diffuser les informations pouvant lui nuire. Le fils cadet du couple Hollande-Royal est interpellé par la police, dans la nuit du 2 au 3 mai, après une soirée arrosée avec des copains ? Aussitôt, l’histoire est glissée à l’oreille des journalistes. Dominique de Villepin est sifflé en province ? Sa “disgrâce” est largement répercutée. Sarkozy perd quelques points dans les sondages ? Un argumentaire relativisant la baisse est aussitôt fourni.

“J’ai toujours pensé que la politique était affaire de professionnels”, sourit le président de l’UMP. “Ce ne sont pas forcément des gens fous de débat, remarque le sénateur Gérard Longuet, nouveau venu chez les sarkozystes, mais leur côté va-t-en guerre est séduisant.”

En face, les chiraquiens de longue date, les derniers fidèles de Dominique de Villepin, dénoncent cette “petite mafia”. Ils savent que toute la bande joue les vierges effarouchées lorsqu’on évoque l’affaire Clearstream et assurent que les informations distillées dans la presse viennent directement de la place Beauvau. Matignon soupçonne le conseiller aux relations avec le Parlement, Frédéric Lefèbvre, 42 ans, cheveux longs ramenés en arrière comme les tueurs des films de Tarantino, de toutes les intrigues. N’a-t-il pas convaincu des dizaines de députés UMP de “sécher” la séance parlementaire du 16 mai, alors que le premier ministre affrontait une motion de censure.

Les villepinistes croient déjà entendre Pierre Charon, 55 ans, le plus drôle de la bande, faire le tour des rédactions de journaux pour glisser un écho vachard sur Matignon. Ils savent comment le chef de cabinet, Laurent Solly, 36 ans, réclame un compte rendu précis au préfet en place, lorsque Dominique de Villepin s’est rendu dans un département.

L’Elysée raille le réseau diplomatique que David Martinon, 35 ans, tente de constituer pour Sarkozy. Et s’agace de voir le directeur général de l’UMP, Jérôme Peyrat, 43 ans, ex-collaborateur de Jacques Chirac, fournir aujourd’hui à la bande sa connaissance de “l’ennemi de l’intérieur”. Les chiraquiens s’insurgent de l’activité d’Emmanuelle Mignon, 38 ans, chargé de collecter les bonnes idées que son “patron” mettra en scène. Parfois, enfin, ils envient le recrutement par la “firme” du directeur de cabinet Claude Guéant, 60 ans, un préfet unanimement estimé qui encourage l’appétit des loups sarkozystes avec la sévérité et le paternalisme d’un entraîneur de football.

Un dernier ralliement remarqué. Celui du publicitaire Jean-Michel Goudard, le “G” d’Euro-RSCG. Depuis un mois, celui-ci s’est installé place Beauvau. M. Goudard avait été le maître d’oeuvre, avec Claude Chirac, de la réussite de Jacques Chirac, en 1995. Mais c’est chez lui à New York, qu’au lendemain de la défaite d’Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy avait passé deux semaines. Cette fois, Jean-Michel Goudard l’a promis, il veillera sur la prochaine campagne de “Nicolas”.

Ce que les chiraco-villepinistes détestent par-dessus tout, pourtant, au-delà des arrogances du petit groupe qui navigue entre le ministère de l’intérieur et l’UMP, c’est l’ironie de Nicolas Sarkozy lui-même. Cet “air d’avoir déjà gagné” qui se manifeste lorsqu’il s’avance vers un ministre, un député ne l’ayant manifestement pas rejoint : “Et toi, tu comptes faire quoi l’année prochaine ?”

“C’était déjà les méthodes de Sarko en 1995″, dénonce le député de l’Essonne Georges Tron, qui était, à l’époque, du côté des balladuriens et soutient aujourd’hui Dominique de Villepin. La plupart des députés villepinistes ont ainsi vu un rival, poussé par la direction de l’UMP, venir leur contester la présidence de leur fédération locale, lors des élections internes. “Les renforts policiers que j’avais réclamés, après les émeutes de banlieue, ne m’ont jamais été accordés, afin de me mettre en difficulté”, affirme même M. Tron, qui ajoute : “Avec Sarkozy, si vous êtes un séide, tout va bien. Sinon, c’est la guerre.” La guerre ? Une bataille en tout cas, dans laquelle le futur candidat UMP à la présidentielle paraît ne rien vouloir laisser au hasard.

Pas même sa vie privée. Dans la “firme”, Cécilia Sarkozy avait une place à part. Contestée, parfois. Beaucoup passaient par elle pour accéder au “patron”. Plusieurs hauts fonctionnaires ou députés avaient fini par lui attribuer leur mise à l’écart. “Elle seule avait la capacité de dire à Nicolas si un tel est fiable ou pas, assure Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et ami du couple. Son jugement était juste, elle verrouillait.” On l’avait même vu exiger de relire toutes les notes destinées à son mari, y compris celles de Brice Hortefeux, ami de vingt-cinq ans, aujourd’hui ministre.

Son départ, en mai 2005, n’a donc pas déplu à ceux qui acceptaient de se dévouer à “Nicolas”, pas à son épouse. L’équipe s’est d’ailleurs immédiatement reconstituée. Un nouveau chef de cabinet, Laurent Solly, l’a remplacée et l’organisation autour du candidat n’a pas paru modifiée. Mais les multiples allers et retours de l’épouse, et surtout le retentissement donné à la crise traversée par le couple ont eu des conséquences. Ils ont donc été gérés à la fois comme une affaire personnelle et un sujet politique. La preuve ? Cet aveu de Nicolas Sarkozy : “Ce qui fait la crédibilité d’une ambition, c’est le prix personnel qu’on est prêt à payer pour l’assouvir. J’habite la même peau, quels que soient ma fonction et l’événement auquel je dois faire face.”

Il n’empêche que le ministre de l’intérieur n’a pas hésité à convoquer et à faire pression sur le patron de First Edition, Vincent Barbare, afin qu’il renonce à la publication d’un livre sur ses déboires conjugaux. La plupart des journalistes et des directeurs de chaîne ont eu droit, eux aussi, à une leçon sur le respect de la vie privée dispensée par celui qui mettait si volontiers en scène son couple et leur fils, Louis. Aujourd’hui encore, Nicolas Sarkozy assure : “Ni Cécilia ni moi n’avons jamais parlé publiquement de divorce. Vous pouvez d’ailleurs écrire dans Le Monde : “Il refuse obstinément d’évoquer sa vie privée.”"

Le nouveau retour à Paris de Cécilia Sarkozy, le week-end de la Pentecôte, a pourtant été aussitôt officialisé par une sortie publique main dans la main, chez un chausseur de luxe, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

L’épouse du président de l’UMP est apparue à nouveau, discrètement, dans les coulisses d’une conférence de presse. Ensemble, ils ont passé un week-end à Séville sous les objectifs des photographes. Elle a retrouvé un bureau Place Beauvau. Comme avant.

Car la “firme” s’est beaucoup inquiétée des conséquences politiques des difficultés conjugales de son candidat. Nicolas Sarkozy n’a jamais douté que Dominique de Villepin ironisait sur son compte à propos de ses déboires conjugaux. En décembre 2005, le responsable opinion publique de l’UMP, Manuel Aeschliman, a donc fait réaliser deux sondages qualitatifs en province - réputée plus rigide en matière de moeurs. Y figuraient plusieurs thèmes sur la sphère privée des élus, dont cette question : “Voteriez-vous pour un célibataire ?” L’équipe en a tiré la conviction que le célibat n’est plus discriminant. Mais Nicolas Sarkozy n’a pas caché qu’il le jugeait comme “un handicap”.

L’équipe n’a pas échappé, dans cette tourmente, à un certain repli sur elle-même. A la fois pour protéger le patron et “parce que rares sont ceux, parmi ces jeunes gens, qui osent lui dire des choses désagréables”, concède un élu sarkozyste. “Je n’ai pas de rapports de force avec mes collaborateurs”, affirme pour sa part Nicolas Sarkozy. Mais qui oserait vraiment l’affronter ? La députée de Meurthe-et-Moselle Nadine Morano note ainsi “l’incroyable cortège qui accompagne Nicolas” dans le moindre de ses déplacements. Bien sûr, aucun de ceux qui entourent Nicolas Sarkozy ne s’imagine en courtisan. Mme Morano clame que, lorsqu’elle a été nommée secrétaire nationale de l’UMP, elle a prévenu le patron du parti : “D’accord, mais je ne suis pas là pour cirer tes pompes.”

Les poids lourds, Patrick Devedjian, François Fillon, Roselyne Bachelot, Pierre Méhaignerie, Michel Barnier, Gérard Longuet, qui espèrent un ministère en cas de victoire, s’affirment “libres”. Le flagorneur, c’est toujours l’autre. Mais le transfert de la “cour” - qui autrefois se pressait à l’Elysée ou à Matignon -, vers la place Beauvau est d’abord le signe d’un nouveau rapport de forces entre Sarkozy et les chiraquiens.

Nicolas Sarkozy n’a pourtant jamais cessé de placer ses pions. Son retour, en juin 2005, au ministère de l’intérieur a d’abord été pensé dans cette perspective. Tant pis si les résultats du ministère en matière de lutte contre la délinquance sont mitigés. Ce qui compte à ses yeux, c’est que, désormais, l’ensemble des patrons de la police et des renseignements généraux lui sont fidèles : Michel Gaudin à la direction générale de la police nationale, Martine Monteil à la tête de la police judiciaire, Frédéric Péchenard patron de la PJ parisienne, Bernard Squarcini préfet délégué pour la sécurité à Marseille, et Joël Bouchité, directeur central des renseignements généraux. “Je nomme les bons”, se défend Nicolas Sarkozy. Mais, selon son entourage, il n’a pu obtenir le remplacement à la tête de la DST de Pierre de Bousquet de Florian, à qui il reproche de ne pas l’avoir prévenu dans l’affaire Clearstream.

Il n’a pas non plus, en apparence, bouleversé le corps préfectoral, si important en période électorale. Mieux, il a nommé à des postes importants plusieurs préfets venus de la gauche, comme dans son département des Hauts-de-Seine, où il a placé Michel Bart, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement et de Daniel Vaillant. “S’il a montré son absence de sectarisme pour les grands préfets, note cependant un bon connaisseur du corps, la nouvelle génération de sous-préfets, celle qui arrivera aux responsabilités dans les toutes prochaines années, est très verrouillée par les sarkozystes.”

Ces derniers feignent de négliger ces nominations. “L’idée qu’on puisse dominer l’administration est une utopie, assure le député des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian. Ces gens-là vous jurent fidélité, mais ils s’occupent d’abord de leur carrière. Si Sarkozy est en position de gagner, il pourra compter sur leur zèle. S’il perd, ils prépareront le régime suivant.”

Reste la presse. Nicolas Sarkozy la travaille depuis toujours. Sa force est de n’avoir jamais négligé les sans-grade tout en tutoyant la plupart des propriétaires de médias. On connaît sa proximité avec Martin Bouygues (TF1). Son amitié pour Arnaud Lagardère (Hachette). Ses bonnes relations avec Edouard de Rothschild (Libération) ou Bernard Arnaud (La Tribune). Arnaud Dassier, fils du patron de LCI Jean-Claude Dassier, a rejoint l’équipe UMP pour s’occuper d’Internet. Nicolas Sarkozy lance parfois aux journalistes qui l’accompagnent : “Je connais tous vos patrons.” Surjouant la connivence, il peut prendre un journaliste par l’épaule tout en lâchant : “Ah, la complicité du pouvoir et de la presse !”

Mais il a une connaissance parfaite du fonctionnement des médias et de leurs contraintes techniques. A Cotonou (Bénin), où il effectuait un voyage à la mi-mai, alors que les communications Internet étaient trop encombrées pour que les télévisions nationales puissent diffuser leurs images, son staff est allé jusqu’à négocier avec l’Etat béninois pour qu’il réserve un instant toute la puissance de l’Internet local à TF1, France2 et France3. Enfin, lors des difficultés conjugales de Nicolas Sarkozy, on a vu Pierre Charon - “je suis l’oeil de Nicolas sur Paris”, s’enorgueillit ce dernier - faire le tour des rédactions et des éditeurs pour menacer de procès ceux qui révéleraient le nom de la journaliste du Figaro, devenue un temps sa compagne.

Il va pourtant falloir gérer la suite : ces semaines d’incertitude qui le séparent du véritable démarrage de sa campagne. Et la montée en puissance de Ségolène Royal qui, en l’attaquant sur son créneau, veut faire la preuve que la “forteresse Sarkozy” n’est pas imprenable. Beauvau serait-il devenu un piège pour le candidat ? Le sujet reste l’un des plus débattus parmi les sarkozystes.

“Tu dois consacrer aux gens plus de temps et même accepter d’en perdre, lui a répété le publicitaire Thierry Saussez, ami de vingt ans. Pars du ministère à l’été. Ce sera une forme de respiration avant d’aller à la bataille.” Mais qui aujourd’hui, parmi les affidés du candidat, l’imagine vraiment se retirer, même quelques semaines, sur son Aventin ? “L’ascèse du candidat ? Il n’en a pas le tempérament. Il n’y arrivera pas”, assure Manuel Aeschliman. “L’approche d’un tel rendez-vous s’accommode mal d’une période de retrait”, a tranché pour l’heure Sarkozy. Il laisse son équipe préparer arguments et ripostes contre tous les adversaires possibles. Lui, feint de n’y pas penser : “Je ne regarde pas sur les côtés. Je cours dans mon couloir.”

Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet
Article paru dans l’édition du 20.06.06,repris de page2007.com

30.07.2006

Ségolène Royal entartée





J'adore le euh de dégout..

La réaction de notre grande amie qui veut envoyer les jeunes à l'armée ne s'est pas faite attendre: Porter plainte bien sur.. Attention les enfants, avec la Royal à l'Elysée va falloir être sage, c'est le retour de l'ordre et de la discipline, sinon on tappe sur les doigts..

Update: Revirement quelques jours après, elle accepte de retirer sa plainte si l'entarteur s'excuse.. Royal ou l'art du contretemps.


Pour les lecteurs qui ne connaitraient pas le phénomène de l'entartage, lire la définition ici.

18.07.2006

Quand la société civile pousse l'UMP à réformer sans complexe

Un article du Figaro

Guillaume Perrault - Publié le 18 juillet 2006

Déterminées à voir aboutir un certain nombre de réformes d'inspiration libérale, des associations travaillent à convaincre les élus de la majorité. Non sans difficulté.

Si la droite entreprend de vastes réformes demain, le devra-t-elle aux efforts de la société civile ? Sans se laisser décourager par l'ampleur de la tâche, plusieurs associations mènent depuis des années un travail de fond auprès des parlementaires et des cabinets ministériels pour y promouvoir les principes libéraux.

medium_ifrap.jpgInspiré des think tanks américains, l'Institut français de recherche sur les administrations publiques (Ifrap) mène des enquêtes rigoureuses sur le fonctionnement de l'Etat et préconise des réformes concrètes. «Nous développons une expertise autonome pour contredire la communication officielle des administrations», explique le fondateur de l'Ifrap, Bernard Zimmern, lui-même énarque et polytechnicien. Les études de ce think tank qui regroupe 10 000 sympathisants constituent une mine d'informations sur les sujets les plus variés – l'inefficacité des aides à l'emploi, la nocivité des 35 heures ou l'absentéisme dans la fonction publique – et sont largement diffusées dans les cercles du pouvoir.

Pression courtoise

medium_Logo_contrib2.gifComme les faits et arguments ne suffisent pas toujours à convaincre, une pression courtoise sur les élus est parfois nécessaire. Telle est la vocation de Contribuables associés, association de combat qui revendique 135 000 membres. Tombereau de pétitions adressées aux élus, encarts publicitaires accrocheurs, sondages sur les sujets qui fâchent comme le service minimum en cas de grève... Contribuables associés fait feu de tous bois et s'en flatte. «L'article 14 de la Déclaration des droits de l'homme proclame que les Français ont le droit d'évaluer «la nécessité de la contribution publique et d'en suivre l'emploi», rappelle Benoîte Taffin, porte-parole de l'association.

medium_une_logo.gifReste que les manifestations des secteurs de l'opinion hostiles aux réformes ont souvent fait reculer le gouvernement. Une association libérale regroupant 15 000 étudiants et jeunes actifs, Liberté chérie, entend donc prouver que la «majorité silencieuse» peut, elle aussi, manifester. En juin 2003, à Paris, Liberté chérie a organisé une manifestation de soutien à la réforme des retraites qui a rassemblé 80 000 personnes, à la surprise générale.

Rançon de leur indépendance, ces associations entretiennent des rapports parfois tendus avec la majorité. Contribuables associés a longtemps été qualifiée de «poujadiste» avant de réussir à améliorer son image. L'Ifrap n'hésite pas à contester la sincérité des statistiques du chômage, ce qui ne lui vaut pas que des amis dans les équipes ministérielles. Les membres de Liberté chérie ont mis dans l'embarras l'aile libérale de l'UMP en sifflant Jacques Chirac, lors d'un colloque organisé en septembre 2004 par les députés Hervé Novelli et Jean-Michel Fourgous.

«Majorité silencieuse»

Ces trublions peuvent néanmoins se prévaloir de plusieurs victoires. Contribuables associés a obtenu l'abandon de plusieurs projets pharaoniques, comme l'achat d'un hôtel particulier par l'Assemblée nationale en 1998. L'Ifrap a beaucoup oeuvré pour la fin du monopole de l'ANPE en matière de placement des chômeurs, obtenu en janvier 2005. Et plusieurs autres associations moins connues du grand public jouent, elles aussi, un rôle important. SOS Education – qui revendique 60 000 adhérents, pour la plupart parents d'élèves et enseignants – a contribué à l'abandon de la méthode globale d'apprentissage de la lecture par Gilles de Robien. Contre vents et marées, ces associations poursuivent donc leur travail de fourmi. «Les ministres et les parlementaires qui veulent réformer ont besoin d'idées, d'arguments et de relais, résume Bernard Zimmern. Nous sommes là pour les aider.»